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Projets financés

QUESACTES

Questionnaire sociologique sur la perception que les agriculteurs et les conseillers techniques ont des sols
Responsable Scientifique: 

Claude COMPAGNONE

Organisme: 
AgroSup Dijon
Partenaires: 

ESA Angers / Observatoire des Sols Vivants

Résumé: 

 

Objectif et méthode

Le but du projet QueSactesS était de faire émerger la diversité des conceptions que les agriculteurs peuvent avoir des sols et de leur usage. Après avoir fait apparaître, lors d’entretiens collectifs en salle de trois groupes d’une dizaine d’agriculteurs (en « bio », en « non-labour » et en « labour »), en quoi les sols ne sont pas à proprement parler les mêmes entités pour les agriculteurs selon leur façon de produire, la démarche d’enquête mise en œuvre a visé à éprouver ces conceptions dans deux situations. La première a consisté en un passage de chacun des trois groupes d’agriculteurs sur un parcours de 3 parcelles (en bio avec labour, en conservation, en raisonné avec labour). La seconde a pris la forme d’un débat, sur la nature des sols observés, entre chacun de ces groupes d’agriculteurs et un groupe d’agronomes (conseillers agricoles et chercheurs) ayant fait lui-même ce tour de parcelles. Ces éléments recueillis en Vendée ont ensuite été élargis par des enquêtes individuelles conduites en Pays de la Loire et Bourgogne auprès de 36 agriculteurs. Ces différents entretiens qualitatifs ont permis de construire et valider un questionnaire quantitatif administrable par des non-experts. Ce questionnaire a été éprouvé auprès de 151 personnes lors d’entretiens téléphoniques conduits auprès d’agriculteurs de la Vendée et des Pays de la Loire.

 

Identification de la qualité des sols par les sens et les outils techniques

Parmi les agriculteurs enquêtés, la pratique du labour est systématique pour la majorité des agriculteurs en Bio, alors que pour la grande majorité des agriculteurs en Labour elle se fait selon des modalités assez variées.

Les sens permettent aux agriculteurs de savoir à quel type de sol ils ont affaire. La vue est principalement citée, puis viennent le toucher et l’odorat. Il y a une gradation dans la manière dont les agriculteurs en entretiens collectifs disent mobiliser leurs sens, des agriculteurs en Bio, qui les mobilisent peu, à ceux en Non-Labour, qui les mobilisent beaucoup en étant particulièrement attentifs aux éléments de la microfaune. Dans les entretiens individuels, les agriculteurs en Bio se trouvent par contre, dans la sollicitation des sens, dans une position intermédiaire entre les agriculteurs en Labour et ceux en Non-Labour.

Il y a une relation très forte entre la façon dont les agriculteurs s’y prennent sur le parcours de parcelles et le discours qu’ils tiennent en salle sur la détermination de la qualité d’un sol. Les sens visuels et tactiles évoqués dans les entretiens sont utilisés. Toutefois de nouveaux éléments d’attention apparaissent comme ceux de la travaillabilité des sols et la dégradation de la matière organique, liés à la situation d’une parcelle concrète à partir de laquelle les agriculteurs discutent, contrairement aux entretiens en salle où le sol est une matière abstraite.

Bon et mauvais sols

Quand il est demandé aux agriculteurs de définir ce qu’est pour eux un bon ou un mauvais sol, les agriculteurs en Non-Labour se saisissent de cette distinction entre « bon » et « mauvais » sol, alors que les agriculteurs en Bio la refusent : c’est l’agriculteur qui fait le sol et qui, par son travail, lui attribue certaines qualités. D’une certaine manière, si dans le cas des agriculteurs en Non-Labour le sol « tient » en lui-même, comme un tout autonome, dans le cas des agriculteurs en Bio des entretiens individuels, il ne « tient » qu’en tension entre le travail de l’homme et son fonctionnement propre. Les agriculteurs en Non-Labour définissent un bon sol comme un sol qui vit et où la matière organique en surface se dégrade correctement et rapidement. La position des agriculteurs en Labour est plus ambivalente. Dans l’enquête quantitative, pour la plupart des agriculteurs (90%), il y a de bons ou de mauvais sols. Le mode de questionnement par questions fermées favorise l’émergence d’une telle réponse.

 

Confrontation des conceptions entre agriculteurs et agronomes

Le type d’interaction que les agriculteurs engagent avec les agronomes suite au parcours de parcelles est différent selon les groupes car les uns et les autres ne s’appuient pas sur les mêmes connaissances et ne recherchent pas les mêmes choses. Alors que les agriculteurs en Labour recherchent une certaine approbation de leur façon de concevoir les choses (leur mode de production étant contesté par les agriculteurs en Non-Labour) et que les Bio sont demandeurs de savoirs techniques sur les sols, les agriculteurs en Non-Labour installent une discussion d’experts avec les agronomes. Les positions des agronomes et des agriculteurs sont proches dans le diagnostic de l’état des parcelles labourées et plus distantes sur les conséquences pratiques d’un tel état. Par contre, elles sont distantes dans le diagnostic porté sur l’état de la parcelle en conservation. Cet écart révèle des compétences et des cadres conceptuels différents à partir desquels les uns et les autres opèrent.

Durée du projet: 
2 ans
Etat d'avancement: 
Terminé
Subvention: 
174 529€
Les articles scientifiques et thèses :
 
  • Compagnone C., Sigwalt A., Pribetich J. 2013. Les sols dans la tête. Pratiques et conceptions des sols d’agriculteurs vendéens. Etude et Gestion des Sols 20(2), 81- 95, télécharger l'article sur www.afes.fr.
Fichier(s) attaché(s)Mise à jourTaille
Synthese_Rapport_Final_QueSacteS_fev_2014.pdf27/02/2014841.87 Ko
QueSactesS- COMPAGNONE - Fiche Projet.pdf28/01/2016172.38 Ko