Aller au contenu
Aller au menu
Aller à la recherche
Aller au pied de page

Projets financés

TRACES

Les traits de la faune du sol pour relier les changements environnementaux aux fonctions du sol (TRACES)
Responsable Scientifique: 

Florence Dubs

Organisme: 
IRD Bondy
Partenaires: 

IRD BioSol / Univ. Rouen / INRA PESSAC / MNHN

Résumé: 

Le rôle du sol, reconnu dans les politiques publiques, requiert des données sur sa biodiversité et les liens avec les fonctions du sol. Le sol, habitat le plus riche en biodiversité, est paradoxalement peu connu en termes de  connaissances taxonomiques et des fonctions écologiques de ces organismes. Or la biodiversité du sol, facteur essentiel à la production de ces services écosystémiques, doit être au cœur de toute approche évaluant des fonctions écologiques du sol. Et pour guider la mise en œuvre de politique de gestion des sols, il faut tout d’abord évaluer les effets des activités humaines sur sa biodiversité.

 

Ce projet quantifie les traits de réponse et d’effet d’assemblages d’invertébrés du sol (macrofaune saprophage, collembole). Il identifie l’effet de la structure du paysage proche et des facteurs locaux sur ces assemblages et estime l’importance des mécanismes de dispersion, de préférence d’habitat et de compétition dans leur constitution. L’impact d’espèces saprophages sur le fonctionnement du sol a été mesuré expérimentalement. Les traits permettant d’expliquer les réponses et les effets des assemblages de faune du sol ont été analysés. Pour finir, la conception d’un modèle de spatialisation des règles d’assemblage, basé sur les mécanismes identifiés, simule l’impact de la dynamique du paysage sur ces assemblages d’espèces.

 

Les assemblages de faune du sol étudiés sont gouvernés par la sélection de l’habitat, indiquant une adéquation de la distribution de ces espèces à leur niche. Dans trois cas (vers de terre en Normandie et dans le Morvan, collemboles dans le Morvan) cette distribution résulte d’un compromis entre adéquation à la niche et dispersion. On observe un filtrage hiérarchique de la communauté des traits de ces espèces qui se traduit par une augmentation de la diversité fonctionnelle face au contraste du paysage proche tandis que l’intensification locale de l’usage du sol entraine une perte de redondance fonctionnelle. Ce résultat confirme empiriquement la théorie selon laquelle les facteurs environnementaux agissent comme des filtres emboités. Le type d'habitat local et la structure du paysage proche influencent ces assemblages d'espèces de manière complémentaire avec un filtrage des traits écologiques par le paysage proche et un filtrage des traits morphologiques par l’intensification locale de l’usage du sol.

 

La distribution des collemboles en forêt ou en prairie résulte de différents compromis déterminant leur préférence d’habitat. Les espèces forestières présentent un compromis entre leur tolérance vis-à-vis de la dessiccation et leur préférence pour certaines ressources trophiques et/ou environnements physico-chimiques. La plupart des espèces prairiales présentent un compromis entre faible capacité compétitive et forte tolérance physiologique. Quelques espèces de praire montrent à la fois une préférence pour le sol et pour le microclimat forestier et sont donc vraisemblablement exclues du milieu forestier par la compétition avec ces espèces.

 

A une échelle micro-locale, les ressources trophiques modifient le patron d’exploration de l’habitat des collemboles hémi- et eu-édaphiques même si ces réponses sont idiosyncratiques au sein d'une même forme de vie. L’exploration de l’habitat par les vers de terre présente aussi un caractère idiosyncratique avec une influence de leur densité intra-spécifique et du type de communautés de microorganismes du sol. C’est un compromis entre la construction de niche où les individus s’agrègent et la compétition intra-spécifique qui les pousse à se disperser. Par ailleurs, les catégories éco-morphologiques des vers de terre ne sont pas de bons proxys des groupes fonctionnels d’effet de la stabilité des agrégats du sol. Enfin, les vers de terre ont globalement un effet neutre ou de protection de la matière organique du sol même si la minéralisation semble augmentée dans les sols arables et prairiaux.

 

Le projet TRACES confirme l’intérêt de sortir des approches compartimentées par discipline (pédologie, taxonomie, écologie du sol) pour croiser les théories venant de champs différents de l’écologie (écologie végétale, écologie des communautés, écologie du paysage) et les appliquer à l’écologie du sol. Peu d'études utilisent la faune du sol pour tester les modèles de metacommunauté. A notre connaissance, c'est la première analyse de l’effet conjoint des facteurs locaux et paysagers sur plusieurs taxons de faune du sol et ce dans différentes régions. Le projet TRACES confirme le rôle du paysage proche dans la composition des assemblages locaux d’espèces de faune du sol. Ainsi, en termes de gestion et d’aménagement des paysages, s’il est déjà bien admis que la qualité de l’habitat est à prendre en compte pour favoriser la biodiversité (dont celle du sol), la nature du paysage proche serait aussi à considérer dans les pratiques d’aménagements afin de favoriser le maintien de la biodiversité du sol et de ces fonctions attachées.

 

Durée du projet: 
3 ans
Etat d'avancement: 
Terminé
Subvention: 
200 000€
Les articles scientifiques et thèses :
 
  • Heiniger C., Barot S., Ponge J.F., Salmon S., Meriguet J., Carmignac D., Suillerot M., Dubs F. 2015. Experimental assessment of collembolan preferences for soil and microclimate in forest and pasture communities. Soil Biology & Biochemistry. 86: 181-192.
  • Heiniger C. 2013. Facteurs de structuration des assemblages locaux d'espèces de collembole. Thèse de doctorat. Université Pierre et Marie Curie. 189p..
  • Chauvat M., Perez G., Ponge JF. 2014. Foraging patterns of soil springtails are impacted by food resources. Applied Soil Ecology, Elsevier, 82 (October), pp.72-77.
Fichier(s) attaché(s)Mise à jourTaille
GESSOL3_TRACES_synthese_review_final.pdf02/04/2015240.79 Ko
TRACES-DUBS-Fiche Projet.pdf28/01/2016203.29 Ko