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Projets financés

CAPSOL

La gestion sociale du capital sol
Responsable Scientifique: 

Robert Lifran

Organisme: 
UMR LAMETA - INRA/CNRS/Montpellier SupAgro
Partenaires: 

CERNA - MinesParisTech

Résumé: 

 

Pour répondre aux nombreux enjeux du développement durable, le sol est aujourd’hui conçu comme un écosystème qui produit des services stratégiques pour la société, comme la provision de ressources pour la production agricole, la régulation du climat à travers le cycle du carbone, la régulation du cycle de l’eau… Ainsi, la préservation du sol apparaît-elle comme indissociable de celle du bien-être social. Dans ce contexte,  le projet CAPSOL comporte  trois grands volets.

 

Le premier montre la nécessité d’un concept de capital naturel du sol, et développe une famille de modèles fondés sur la dynamique de la matière organique, qui est à la base de nombreux services fournis par l’écosystème sol. Il fait appel aux concepts et méthodes de l’économie des ressources naturelles et de l’économie publique, et s’appuie sur des collaborations étroites avec des agronomes et des spécialistes des sciences du sol. En mettant l’accent sur les arbitrages entre services, nous soulignons les risques de biais liés à la mise en œuvre des politiques publiques portant sur un seul des services ainsi que la nécessité de la coordination des politiques publiques impliquées directement ou indirectement. Puis, en utilisant les méthodes de contrôle optimal, nous construisons une analyse de la gestion du capital naturel à long terme, et montrons l’intérêt de la recherche des états stationnaires et des politiques de transition pour les atteindre. Ils sont dépendants des prix relatifs des engrais minéraux par rapport à ceux des produits agricoles.

 

Le second porte sur les difficultés de conception de politiques publiques pour la conservation et la gestion durable du capital sol. La gestion du capital sol possède  en effet deux dimensions, l’une qui est privée (souvent fortement influencée par les politiques agricoles), et l’autre qui est en relation avec l’impact de l’agriculture sur les écosystèmes et la fourniture de services (ou disservices) environnementaux). Nous réalisons d’abord une revue de littérature sur les incitations et développons une analyse théorique du bonus d’agglomération et du bonus de diversification. Nous conduisons ensuite une analyse de son intérêt et de ses limites pour lutter contre l’érosion dans le contexte d’un bassin versant du piémont pyrénéen. Nous développons le concept d’EPARE (entité paysagère à risque érosif), qui permet de transformer l’érosion diffuse en érosion ponctuelle. Puis nous inscrivons la recherche des graphes de voisinage, support concrets du bonus de diversification, dans les entités paysagères à risque érosif ainsi définies, en montrant l’intérêt et les limites du bonus de diversification.

 

Dans le troisième volet, nous procédons à une analyse critique de l’approche par les incitations et défendons l’intérêt de l’usage de la réglementation. En nous appuyant sur le ciblage spatial réalisé auparavant, nous élaborons un diagnostic agro-économique sur la base d’une enquête auprès des agriculteurs de la zone. Le projet s’est appuyé sur des collaborations étroites avec les chambres consulaires, régionales et départementales, les agriculteurs et leurs coopératives,  ainsi que les collectivités locales concernées dans le bassin Versant de la Lèze.

 

Les résultats montrent que d’autres voies que la diversification peuvent être suivies à moindre coût et s’avèrent plus efficaces. Elles concernent la gestion du couvert végétal au printemps et celle des états de surface par les techniques simplifiées de travail du sol ou le semis sous couverture végétale. Les enquêtes nous révèlent que le problème relève plus de la réglementation que de l’incitation. Finalement, nous conduisons sur une zone plus restreinte une analyse coût/efficacité des scenarios réglementaires proposables à l'aide du modèle STREAM.

 

En conclusion, nous proposons des pistes de recherche pour enrichir les modèles du capital sol et améliorer les dispositifs globaux et locaux permettant un suivi plus précis de ses évolutions.

Durée du projet: 
3 ans
Etat d'avancement: 
En cours
Subvention: 
105 000 €
Fichier(s) attaché(s)Mise à jourTaille
CAPSOL-Lifran-Fiche Projet.pdf28/01/2016165.81 Ko