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Projets financés

JARDINS FAMILIAUX

L'utilisation des sols urbains et périurbains pour le développement durable des villes
Responsable Scientifique: 

Louiza BOUKHARAEVA

Organisme: 
Fondation Maison Sciences de l'Homme
Partenaires: 

Russie (Académie d’administration publique du Tatarstan, Association des jardins collectifs de Kazan, Centre biologique et écologique pour les enfants de Kazan, Musée des Arts de la République du Tatarstan, Musée des sols Dokoutchaiev de Saint-Pétersbourg, Revue de jardinage « Maître chez soi », Université Fédérale de Kazan/Faculté de sociologie/Faculté de pédologie) France (Association Graines de Jardins, Collectif des jardins d’insertion en Ile-de-France de la FNARS, Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs, Laboratoire Dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS), Laboratoire INRA-AgroParisTech Sciences pour l'action et le développement : activités, produits, territoires (SAD-APT ), UFR DMOS (Dynamique des milieux et organisations Spatiales) d’AgroParisTech, Mairie de Paris - Direction des espaces Verts, Mairie de Pantin, Programme Autoproduction et développement social (PADES) ) Brésil (Bureau de la FAO à Brasilia, Centre de recherche sur le Brésil contemporain de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, EHESS)

Résumé: 

 

Le modèle pavillonnaire participe à l’étalement urbain pollueur et destructeur de sols. Une réponse actuelle est qu’il faut accroître l’habitat en appartements au sein d’immeubles collectifs en construisant « la ville sur la ville ». Si cette réponse ne prend pas en compte les besoins humains d’un accès direct et actif aux sols, elle risque d’accroître les inégalités actuelles, avec la pauvreté et la violence qui s’ensuivent. L’accès à une parcelle dans un collectif de jardin est-il une solution ?

 

La recherche a eu pour objectifs de : 1/ identifier les expériences russes et françaises pouvant contribuer à l’invention de nouveaux modèles de rapport des citadins à la nature ; 2/ tirer les enseignements théoriques du jardinage urbain de la Russie et de son modèle de collectifs de jardins ; 3/ esquisser des propositions de long terme pour l’évolution des politiques publiques en France.

 

I. Les expériences russes et françaises

 

Aujourd’hui, 50 à 70% des citadins de Russie possèdent une parcelle de 300 à 1000 m². Sur environ 24 millions de parcelles, 10 millions sont localisées dans 80 000 collectifs de jardins, potagers et datchas gérés par des associations ou des coopératives. La plupart des parcelles comportent une maisonnette où il est autorisé de passer les nuits. En France, les expériences de jardins partagés, d’insertion, pédagogiques, thérapeutiques, et la nouvelle génération de jardins familiaux constituent une sorte de gigantesque laboratoire à ciel ouvert. L’élargissement du dialogue esquissé entre ces expériences de Russie et de France aidera à définir de nouveaux modèles.

 

II. Enseignements théoriques

 

I.1. L’accès à une parcelle dans un collectif de jardins complète l’usage des parcs et des jardins publics. C’est une attente forte des populations urbaines correspondant à des considérations économiques (en particulier la sécurité alimentaire) et à la recherche de modes de vie plus écologiques et plus épanouissants. Leur caractère multifonctionnel peut fournir de multiples services aux personnes et à la société : extension de l'habitat urbain, sécurité alimentaire, repos, soin du corps, convivialité, esthétique.

 

I.2. Cette forme d’agriculture urbaine familiale recèle un potentiel socio-compensateur, thérapeutique et socio-stabilisateur pouvant être exploité selon des modalités correspondant aux contextes historiques, socioculturels, économiques et même politiques des pays respectifs. Elle peut créer du lien social. C’est un élément d’un mode de vie correspondant aux besoins de la personne humaine, qui accroît la résilience aux crises sur le plan alimentaire et thérapeutique.

 

1.3. Le développement des collectifs de jardins peut contribuer à stopper l’étalement urbain destructeur de sols. Les perceptions culturelles des sols par les citadins évoluent positivement et ils peuvent devenir des acteurs organisés pour l’amélioration de leurs services éco systémiques.

 

III. Propositions

 

Il faudrait que :

 

  1. le législateur :
    1. garantisse aux sols des collectifs de jardins un usage du même ordre que celui accordé depuis 1945 aux sols agricoles ;
    2. permette le séjour sur les parcelles lors des week-ends et des vacances ; prenne en même temps les mesures évitant une transformation de ces collectifs en nouvelles zones pavillonnaires ;
    3. favorise le développement de l’acteur urbain de travail des sols ; remplace l’assistanat  par l’auto prise en charge ; permette à cet acteur d’avoir un poids effectif dans les décisions d’aménagement des territoires et l’affectation des sols ;
  2. les autorités territoriales favorisent davantage la réaffectation des délaissés urbains et de certains sols agricoles en collectifs de jardins ;
  3. le ministère de la Ville inclut le développement des collectifs de jardins dans le traitement de la violence et de la pauvreté urbaine ;
  4. le ministère de l’éducation nationale renforce l’éducation à la vie des sols et au jardinage, et encourage la création de jardins de taille suffisante dans l’enceinte des établissements scolaires ;
  5. l’INSEE répertorie le jardinage urbain, inclut dans le calcul du PIB les services qu’il rend à la société, distingue le rural et l’urbain dans les enquêtes sur les modes de vie et l’habitat.

Summary

Durée du projet: 
3 ans
Etat d'avancement: 
Terminé
Subvention: 
169 000 €
Les articles scientifiques et thèses :
 
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2015. Agriculture urbaine et habitat humain. Le rhizome des collectifs de jardins de Russie et d’autres pays d’Europe. Revue d'ethnoécologie, Lien vers l'article.
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2011. Des sols agricoles au service de la résilience urbaine : réflexions à partir du cas de la Russie. Espaces et sociétés 4, 147, 135-153 pp., Lien vers l'article.
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2015. Family Urban Agriculture in Russia. Springer Lessons and Prospects, Urban agriculture, XVII, 215 p. 58 illus., 45 illus. in color. ISBN 978-3-319-11614-3, Lien vers le site de l'éditeur.
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2014. Les collectifs de jardins des pays ex socialistes d'Europe. LUCRĂRILE SEMINARULUI GEOGRAFIC “DIMITRIE CANTEMIR” NR. 38, 2014, Lien vers l'article.
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2010. L’apport du jardinage urbain de Russie à la théorisation de l’agriculture urbaine. VertigO, 10, 2.
  • Boukharaeva L., Marloie M., Akhmetova S. 2012. L’urbain et la nature : la dimension transdisciplinaire du développement durable de la ville. Dix-neuf contributions.. Édition de l'Université fédérale de la région de Volga.
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2011. L’utilisation des sols par le jardinage urbain à grande échelle de Russie. Économie rurale, 325-326, Lien vers l'article.
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2013. Vassili V. Dokoutchaiev et l’écologie urbaine. Etude et Gestion des Sols, 20-2, 117-126, Lien vers l'article.
Communiquer et enseigner :
 
  • Boukharaeva L., Marloie M. 2013. Le rôle essentiel du jardin en Russie. L'écologiste, 39-14, mars, pp. 22-25, Lien vers l'article.
Fichier(s) attaché(s)Mise à jourTaille
GESSOL3.1_Rapport_Final_Jardins_Familiaux.pdf10/07/20133.89 Mo
GESSOL3.1_Synthese_Rapport_Final_Jardins_Familiaux.pdf10/07/2013671.86 Ko
JARDINS FAMILIAUX-BOUKHARAEVA -Fiche Projet.pdf28/01/2016126.34 Ko