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Dossiers thématiques

Biodiversité: La vie cachée des sols

Alors que l’activité des organismes du sol participe notamment à la fertilité des sols, à la qualité de notre alimentation, à la pureté de l’air et à la qualité de l’eau, la biodiversité des sols est menacée par l’accroissement des pressions anthropiques et les changements globaux. Elle reste de plus une des composantes les moins connues de la biodiversité. Ce dossier thématique vous permettra de la découvrir et de mieux en comprendre le rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils nous rendent. Il est composé :

 

  • d’une page web reprenant le contenu de la plaquette « la vie cachée des sols » edité en 2010 dans le cadre du programme GESSOL ;

                  

  • du jeu des 7 familles « la vie cachée des sols » destiné à sensibiliser les 8-12 ans à la biodiversité des sols et issu d’une collaboration entre GESSOL, l’IRD et l’AFES ;

                  

  • de l’Atlas européen de la biodiversité des sols, ouvrage de référence édité par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne et dont la traduction française a été coordonnée par le programme GESSOL;

 

  • de l'exposition "Le sol est vivant!" dont la traduction des 23 posters de l’exposition conçue en 2008 par la Commission européenne a l’occasion de la Journée internationale de la Biodiversité a été réalisé par Eric Blanchart, Marion Bardy et Dominique King. Ceux-ci sont accessibles sur le site du JRC.
La biodiversité du sol : Définition

Des organismes de toutes les tailles ...

La biodiversité du sol regroupe l'ensemble des formes de vie qui présentent au moins un stade actif de leur cycle biologique dans le sol. Elle inclut les habitants de la matrice du sol ainsi que ceux de la litière et des bois morts en décomposition.

Les organismes du sol sont généralement subdivisés en plusieurs groupes :

  • la mégafaune (taupes,crapauds, serpents, ...),
  • la macrofaune, visible à l'oeil nu (vers de terre, termites, fourmis, larves d'insecte, ...),
  • la mésofaune, visible à la loupe (acariens, collemboles, ...),
  • la microfaune, et les micro-organismes, visibles seulement au microscope (protozoaires, nématodes, bactéries, champignons, algues).

Les plus petits organismes sont les plus nombreux et les plus diversifiés. Il existerait ainsi plus de 2 millions d'espèces de bactéries et de champignons dont seulement 1% aurait été identifiés. Les vers de terre représentent quant à eux le groupe dont la biomasse est le plus importante et la diversité spécifique la mieux connue.

... habitant des niches très diverses

Le sol est un habitat complexe et hétérogène sur de courtes distances, qui comprend de nombreux espaces et où plusieurs formes de ressources nutritives co-existent. Dès lors, une multitude d'organismes vivants peut coloniser ce milieu donnant naissance à des chaînes trophiques très diversifiées. La plupart des espèces se retrouve dans les 2-3 premiers centimètres de sol où les concentrations en matières organiques et en racines sont les plus élevées.

lien texte mis en ligne sur wikipédia



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Étudier la biodiversité du sol

La diversité des organismes du sol s'étudie de l'échelle du gène à celle de la communauté, de l'échelle du micro-agrégat à celle du paysage. L'étude des animaux les plus gros (macrofaune) se fait par collecte et piégeage suivi de leur identification au laboratoire : on compte par exemple le nombre et la masse d'organismes par m2 de sol. La grande majorité des organismes du sol n'est cependant pas visible à l'œil nu. Il s'agit alors de prélever un échantillon de sol (jusqu'à 100g) afin d'extraire les organismes au laboratoire à l'aide d'appareils spécifiques et de les observer à la loupe et au microscope. Pour les bactéries et les champignons microscopiques, les dernières premiere de couverture de la plaquette la vie cachee des solstechnologies permettent d'extraire leur ADN du sol et de caractériser la structure, la densité et la diversité génétique des espèces, voire même d'en identifier une partie. L'identification, le comptage et la caractérisation de la diversité des organismes vivants dans le sol permettent de définir des indicateurs pertinents qui renseignent sur la qualité des sols et plus largement de leur environnement. Ces indicateurs, encore en cours de développement, pourraient être mesurés par des laboratoires d'analyses et à terme par les utilisateurs du sol eux-mêmes afin de mieux connaître l'état de leur sol.

Des expériences nationales de recherches sont mises en place depuis le début des années 2000 pour mieux connaître la biodiversité du sol à l'échelle de la France et pour déterminer comment les organismes du sol pourraient être utilisés comme outils de surveillance de la qualité des sols. Ainsi, le premier protocole d'extraction de l'ADN des échantillons de sol a été développé dans le cadre du programme de recherche GESSOL ("Fonctions environnementales et gestion du patrimoine sol"). Par ailleurs, un programme national de recherche, ayant pour objectif de définir une batterie de "bio-indicateurs de la qualité des sols", est actuellement coordonné par l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME).

 

Les rôles de la biodiversité du sol


 
La biodiversité du sol assure le fonctionnement du sol et des écosystèmes. Si les organismes du sol peuvent être classés suivant leur taille, ils peuvent aussi être regroupés selon leurs rôles, et ceci à différentes échelles :
  • Les ingénieurs physiques (ex: vers de terre, termites, fourmis) renouvellent la structure du sol, créent des habitats pour les autres organismes du sol et régulent la distribution spatiale des ressources en matières organiques ainsi que le transfert de l'eau.
  • Les régulateurs (nématodes, collemboles et acariens) contrôlent la dynamique et l'activité des populations de microorganismes du sol. La présence d'une diversité de prédateurs permet par exemple de limiter la prolifération de certains champignons ou bactéries pathogènes des cultures.
  • Les ingénieurs chimistes, principalement les microorganismes (bactéries et champignons microscopiques) assurent la décomposition de la matière organique (ex: les feuilles des arbres) en élément nutritifs facilement assimilables par les plantes, comme l'azote et le phosphore. Ils sont également responsables de la dégradation des polluants organiques comme les hydrocarbures et les pesticides.


Vers géant de Madagascar photo IRD/Eric Blanchart

Vers de terre géant de Madagascar Photo ©IRD/Eric Blanchart

 

L'activité de ces organismes est à la base de nombreux services écosystémiques essentiels aux sociétés humaines :
  • La fertilité du sol.
    Les organismes du sol supportent indirectement la qualité et l'abondance de la production végétale en renouvelant la structure du sol, en permettant la décomposition des matières organiques et en facilitant l'assimilation des nutriments minéraux disponibles pour les plantes.
  • La protection des cultures.
    Avoir une importante biodiversité du sol, c'est augmenter la probabilité que les sols hébergent un ennemi naturel des maladies des cultures. Maintenir ou favoriser la diversité des organismes du sol permet donc de limiter l'utilisation de pesticides.
  • La régulation du cycle de l'eau et la lutte contre l'érosion des sols.
    La présence d'"ingénieurs de l'écosystème" tels que les vers de terre favorise l'infiltration de l'eau dans le sol en augmentant la perméabilité des horizons de surface. Par exemple, la disparition de population de vers de terre dans des sols contaminés peut réduire jusqu'à 93% la capacité d'infiltration des sols et amplifier le phénomène d'érosion.
  • La décontamination des eaux et des sols.
    Les microorganismes peuvent immobiliser et dégrader les polluants. Cette alternative aux méthodes conventionnelles de dé-pollution pourrait permettre de réduire le coût de la décontamination des sols en Europe estimé en 2000 entre 59  et 109 milliards d'Euro.
  • La santé humaine.
    Les organismes du sol constituent le plus important réservoir de ressources génétiques et chimiques pour le développement de nouveaux produits pharmaceutiques. Par exemple, l'actinomycine et la streptomycine sont des antibiotiques communs dérivés des champignons du sol. Aujourd'hui, de nombreux scientifiques étudient la biodiversité du sol afin de découvrir les médicaments du futur mais aussi des biocatalyseurs (ex: bioraffinage des matériaux lignocellulosiques).
 

 

Les menaces sur la biodiversité du sol
L'accroissement de la pression exercée par les activités humaines (l'artificialisation et l'imperméabilisation des terres, leurs modes de gestion agricole et forestière) et les changemens climatiques, sont et seront les principales causes des dégradations subies par les sols. La biodiversité du sol est directement menacée par les dégradations telles que l'érosion, la diminution des teneurs en matières organiques, les pollutions locales et diffuses, le tassement, l'acidification, l'imperméabilisation et la salinisation des sols. Le changement d'usage des terres (ex: urbanisation, mise en culture, déforestation) est la première cause de baisse de biodiversité car les organismes du sol n'ont généralement pas le temps de se déplacer ou de s'adapter à leur nouvel environnement. Généralement, les prairies naturelles abritent une plus grande diversité d'organismes que les sols agricoles soumis à des pratiques plus intensives. Dans les agglomérations urbaines, la fermeture des sols et le cloisonnement des espaces verts menacent directement le maintien de la biodiversité.

 

Estimer la valeur économique de la biodiversité du sol, une question de recherche
La valeur des services rendus par la biodiversité du sol (fertilité du sol, protection des cultures, régulation des cycles des nutriments et de l'eau, décontamination des eaux et des sols, ressources pour le développement de produits pharmaceutiques) n'est généralement pas perçue par les bénéficiaires. Estimer la valeur de ces services permettrait d'élaborer des objectifs de protections aux échelles nationales et supra-nationales et de l'intégrer dans le coût de chaque projet à l'échelle locale. La prise en compte effective de la valeurs des services écosystémiques liés à la biodiversité du sol pourrait corriger voir inverser les écarts de rentabilité entre différents types d'usage du sol ou de pratiques agricoles.

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Les moyens de préservation de la biodiversité du sol
Les politiques d'aménagement du territoire et de gestion des sols ont une importance primordiale sur la biodiversité du sol et donc les services rendus. Bien que les activités humaines pèsent très fortement sur le sol et ses fonctions écologiques, elles n'ont pas toujours un impact négatif et ne sont pas toutes irréversibles.

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Quelques exemples de pratiques favorables à la biodiversité du sol
  • Augmenter la teneur en matière organique du sol
    Des apports réguliers de matière organique améliorent la structure du sol, augmentent la capacité de rétention de l'eau et des nutriments, protègent le sol contre l'érosion et le tassement et soutiennent le développement d'une communauté saine d'organismes du sol. Les pratiques, comme le maintien des résidus de culture à la surface du sol, les rotations qui incluent des plantes à fort taux de résidus, les systèmes avec peu ou pas de labour ou l'épandage de compost augmentent la teneur en matière organique.
  • Limiter les intrants agro-chimiques et la contamination des sols
    L'utilisation de pesticides et de fertilisants chimiques favorise les rendements mais les matières actives peuvent nuire aux organismes du sol. Par ailleurs, les apports de contaminants volontaires (ex: bouillie bordelaise à base de cuivre) ou involontaires (ex: cadmium dans les engrais, mercure dans les boues de stations d'épuration, zinc dans les lisiers) peuvent avoir une influence sur les organismes du sol conduisant à des modifications de la biodiversité.
  • Prévenir le tassement du sol
    Le tassement du sol par des passages répétés d'engins, en particulier sur sol mouillé, diminue les quantités d'air, d'eau et d'espace disponibles pour les racines et les organismes du sol. Comme la remédiation est difficile voire impossible, la prévention est essentielle (ex: utilisation de pneus basse pression, réduction du nombre de passage).
  • Minimiser le risque d'érosion
    Un sol nu est sensible à l'érosion par le vent et l'eau, au dessèchement et à l'encroûtement. La présence d'une couverture végétale ou de résidus de cultures protège le sol, fournit des habitats pour les organismes du sol et peut améliorer la disponibilité en eau et en nutriments.

 

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Observez la biodiversité de votre jardin !
Pour récolter les organismes du sol de votre jardin, coupez une bouteille en plastique en deux. Insérez le col de la bouteille dans sa base comme un entonnoir et scotchez le joint. Mettez un peu d'eau dans la bouteille avec deux gouttes de produit vaisselle. Enterrez ce dispositif dans le sol pour que le haut coïncide avec la surface du sol. Laissez-la pour la nuit. Le matin, voyez qui est tombé dedans!
 
Ce dispositif peut être placé à différents endroits du jardin pour avoir une idée de la diversité des organismes qui le peuplent.
 
Bibliographie
Bouché Marcel, 2014, Vers la terre et vers de terre, On ne parle pas la bouche pleine, Emission France Culture, 9 Février.
 
EEA, 2000. Down to the earth : Soil degradation and sustainable development in Europe. Copenhagen, Denmark.
 
Eglin T., Blanchart E., Berthelin J., de Cara S., Grolleau G., Lavelle P., Richaume-Jolion A., Bardy M., Bispo A. 2010. La vie cachée des sols, MEEDDM, 20pp.
 
European Commission – DG ENV. 2010. Soil biodiversity : functions, threats and tools for policy makers.
 
 
Pimentel et al. 1997. Economic and Environmental Benefits of Biodiversity. BioScience, 47(11): 747-757.
 

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Fichiers attachésMise à jourTaille
Plaquette La Vie Cachée.pdf18/05/20114.57 Mo
Semimaire_Biodiv_Angers.pdf18/05/20113.8 Mo